Petits farcis niçois (France)

Un plat aux couleurs estivales

Je vais vous présenter aujourd’hui une recette bien connue à Nice ainsi que dans d’autres pays méditerranéens : les petits farcis. Les variantes sont nombreuses et vous pouvez donc accommoder cette recette à votre guise : on peut remplacer la chapelure par du pain de mie, ajouter du riz, utiliser de la viande (ce qui est cela dit une hérésie selon mon amoureux de Niçois!), etc etc etc. A vous de laisser libre cours à votre imagination!

Il s’agit là d’une recette saine et équilibrée qui se suffit généralement à elle-même, accompagnée d’une petite salade, mais on peut aussi la proposer en accompagnement et elle convient en outre aux végétariens. On peut utiliser de nombreux légumes pour les petits farcis comme le poivron, l’artichaut ou encore l’aubergine par exemple, le principal étant de toujours mélanger les chairs des différents légumes entre elles.

J’ai pour ma part choisi d’ajouter quelques girolles à ma farce : ça n’a rien de bien traditionnel mais j’essaye de profiter encore un peu de ces délicieux champignons avant que la saison ne se termine!

Petits farcis niçois

 France

Petits farcis niçois

(pour 2 à 3 personnes)

2 courgettes

3 gros oignons

3 tomates

100 grammes de jambon coupé en dés (facultatif)

1 poignée de girolles (facultatif)

1 œuf

4 cuillères à soupe de chapelure

herbes de Provence

sel et poivre

huile d’olive

  • Portez une grosse marmite d’eau salée à ébullition et plongez-y les oignons préalablement épluchés et les courgettes entières. Faites blanchir le tout pendant 5 à 8 minutes et égouttez.
  • Retirez le chapeau des tomates et creusez celles-ci. Mettez la chair dans un saladier et réservez. Coupez les oignons et les courgettes en deux et débarrassez-les également de leur chair.
  • Hachez finement la chair des tomates, des oignons et des courgettes et ajoutez le jambon, les girolles préalablement émincées et la chapelure. Ajoutez ensuite l’œuf, un peu d’herbes de Provence et salez et poivrez.
  • Mélangez bien le tout et remplissez vos tomates, vos oignons et vos courgettes évidés de cette farce. Arrosez le tout d’un filet d’huile d’olive, remettez les chapeaux des tomates en place et faites cuire au four préchauffé à 180°C pendant 30 minutes.

Bon appétit!

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Boulettes de poisson du Danube (Autriche)

Boulettes de poisson du Danube 1

Le pauvre Danube bleu

S’il traverse 10 pays depuis sa source en Allemagne jusqu’à son embouchure dans la Mer Noire, le Danube est souvent associé à l’Autriche qui était d’ailleurs surnommée « la monarchie danubienne » à l’époque austro-hongroise. C’est en outre un compositeur autrichien, Johann Strauss Fils, qui a immortalisé le fleuve dans la célèbre valse Le beau Danube bleu en 1866, œuvre que l’on entend encore régulièrement dans les bals autrichiens.

Il y a quelques semaines, je me suis rendue à une exposition sur le Danube dont je suis revenue avec quelques recettes de poisson distribuées gratuitement. Comme je ne cuisine jamais de poisson, je me suis dit que c’était l’occasion parfaite et je me suis aussitôt ruée sur le marché à la recherche du Saint Graal. Mon enthousiasme a malheureusement été de courte durée car j’ai très vite compris que, même en habitant au bord du fleuve, il était totalement impossible de trouver du poisson du Danube. Les marchands eux-mêmes me regardaient avec des grands yeux, comme si ma requête était complètement surréaliste, et des connaissances se sont même payé ma tête : « Hein? Du poisson du Danube? Mais t’es folle, il est affreusement pollué ce fleuve! » Alors certes, je me doutais bien que le Danube n’était sans doute pas plus clean qu’un autre fleuve, mais est-ce vraiment plus sûr de consommer du poisson venu du bout du monde, élevé on ne sait comment et nourri aux antibiotiques et à je ne sais quelles autres saletés? Ne serait-il pas plus simple de se fournir chez soi, puisqu’on habite au bord de l’eau, plutôt que de polluer encore plus la planète en faisant faire le tour du monde à toutes nos denrées alimentaires?

Long de 3000 km, le Danube est, après la Volga, le 2ème fleuve du continent européen. Malheureusement, il est aussi le 1er fleuve pollué d’Europe ainsi que le 5ème au niveau mondial, le record absolu étant détenu par le Gange. Peu de temps après ma visite au musée, j’ai eu la chance de rencontrer « le dernier pêcheur du Danube » : ce drôle de zigoto possède un superbe domaine en plein cœur de la zone industrielle de ma ville, adresse secrète s’il en est qu’on a maintes fois essayé de lui racheter mais fort heureusement sans succès. A la belle saison, il est possible de louer une table chez Franz, à raison de deux rendez-vous par mois uniquement, et la surprise est de taille : jamais je n’aurais imaginé qu’un tel havre de paix pouvait nicher à cet endroit, c’est-à-dire en face de la plus grande usine de la ville qui crache toujours une fumée impressionnante et au beau milieu des bâtiments grisâtres et autres grands magasins ignobles.

Les réservations chez Franz sont particulières car, pollution oblige, il faut toujours le recontacter quelques jours avant la date prévue pour savoir si l’on pourra venir ou non : il arrive en effet que le pêcheur rentre bredouille de son travail, tant et si bien qu’il ne peut pas toujours contenter ses clients. Je n’aurais jamais pensé que la situation était aussi catastrophique et je trouve ça vraiment triste de voir qu’il aura fallu si peu de temps aux Hommes pour saccager cette réserve naturelle. Et dire qu’au musée il y avait plusieurs photos montrant des gens achetant du poisson au bord du fleuve il y a quelques décennies de cela à peine…. Aujourd’hui, il paraît tellement évident d’acheter des trucs au pifomètre sans même savoir d’où cela vient que la simple question « vous avez du poisson du Danube? » donne aussitôt lieu à des yeux de merlan frit chez votre interlocuteur. Les pêcheurs amateurs existent toujours, bien sûr, mais j’imagine que ça ne doit pas souvent mordre chez eux non plus, ce qui est bien dommage car le poisson que nous avons mangé chez Franz était 1000 fois meilleur que tout ce qu’on peut trouver au magasin ou au marché.

Du poisson du bout du monde

Si je n’ai donc pas trouvé le Saint Graal, je suis quand même revenue avec du poisson du marché, plus précisément avec du poisson dont les vendeurs eux-mêmes ignoraient l’origine. Autant dire que c’était la première et la dernière fois que je faisais mes emplettes chez eux et que je me suis fait une raison : le poisson, je continuerai à faire une croix dessus et je n’en referai que quand je trouverai une offre plus intéressante. A mon avis, il ne me reste que deux options cela dit : soit je sympathise avec des pêcheurs, soit je m’achète mon propre matériel et mon permis de pêche!

La recette que je vais vous proposer aujourd’hui vient d’un pêcheur amateur, « Pepi », et j’ai personnellement opté pour du poisson-chat pour la concocter mais vous pouvez choisir tous les poissons susceptibles d’être trouvés dans le Danube (en cherchant bien….). Les « boulettes » de ce type sont très fréquentes en Autriche, qu’elles soient à base de poisson, de viande ou tout simplement de légumes.

Si jamais vous passez dans le coin, sachez toutefois que le Danube vaut le coup d’œil, et pas qu’un peu. Il est magnifique et il existe de nombreux spots où l’on peut se baigner ou faire diverses activités aquatiques, chose que les Autrichiens font souvent quand il fait beau puisqu’ils ne bénéficient d’aucun accès à la mer.

Boulettes de poisson du Danube 2

 

Autriche

Donaufischlaibchen (boulettes de poisson du Danube)

(pour 2 personnes)

300 grammes de poisson du Danube (hotu, brème, brochet, carpe, gardon, poisson-chat, sandre….)

1 bouillon de légumes

1 gros oignon finement haché

persil finement haché

1 œuf

chapelure

huile neutre

sel et poivre

  • Portez le bouillon de légumes à ébullition et déposez-y le poisson entier. Faites-le pocher 5 à 8 minutes et égouttez-le.
  • Retirez éventuellement les arêtes du poisson et hachez la chair. Ajoutez-y l’oignon et le persil finement hachés, salez, poivrez et formez de beaux palets bien compacts avec vos mains.
  • Cassez l’œuf dans une assiette creuse, mélangez-le à la fourchette et versez la chapelure dans une autre assiette creuse. Faites chauffer de l’huile dans une poêle, plongez vos palets dans l’œuf puis dans la chapelure et faites-les frire à la poêle de chaque côté pendant quelques minutes.

 

Pepi nous conseille une « Kartoffelsalat » ou une salade de pommes de terre à la mayonnaise pour accompagner ces boulettes. Vous pouvez par ailleurs ajouter les légumes de votre bouillon à votre farce ou les proposer en accompagnement pour ne pas faire de gâchis.

Mahlzeit!

Bon appétit!

(Le beau Danube bleu au célèbre Concert du Nouvel An à Vienne en 2008)

Pizza Margherita / Pizza Bufalina (Italie)

La differenza?

La Margherita, tout le monde la connaît : c’est la plus basique de toutes les « pizze« , celle que l’on retrouve tout en haut de la carte en pizzéria et qui porte les couleurs de l’Italie grâce à la tomate, à la mozzarella et au basilic. Et la Bufalina? C’est quasiment la même chose, à la (grosse) différence près qu’on utilise de la « mozzarella di Bufala Campana » pour celle-ci quand on utilise de la « fior di latte » pour la Margherita. La mozzarella di Bufala Campana est, comme son nom l’indique, un fromage au lait de bufflonne, tandis que la fior di latte est un fromage au lait de vache.

Le plus célèbre des fromages italiens serait né au Xème siècle après que des moines bénédictins ont été capturés par les Sarrasins et ont découvert grâce à eux les bufflonnes et l’utilisation qu’on pouvait faire de leur lait.

Le goût de la mozzarella dépend fortement de sa qualité et mieux vaut éviter d’acheter les variantes industrielles insipides qu’on trouve dans tous les supermarchés. Car oui, la mozzarella a du goût, contrairement à ce qu’on pourrait croire quand on goûte à ces pauvres petites boules tristounettes à 1 euro. En général, la mozzarella di Bufala Campana est la plus simple à trouver en dehors de la Botte : si elle ne porte pas ce nom précis alors passez votre chemin car la véritable mozzarella au lait de bufflonne originaire de Campanie est protégée par l’appellation « DOP » ou « Denominazione di Origine Protetta » qui correspond à notre « AOP » ou « Appellation d’Origine Protégée ».

Pizza Margherita / Pizza Bufalina

Cette recette a beau être un classique, elle vaut tout de même le coup d’être essayée car le résultat est généralement bien meilleur que ce qu’on peut trouver dans les « pizzerie » qui n’utilisent pas nécessairement de la mozzarella digne de ce nom. La Margherita et la Bufalina ne nécessitant pas beaucoup d’ingrédients, il vaut vraiment la peine de dépenser quelques euros de plus pour acquérir un fromage de qualité et obtenir le meilleur résultat qui soit!

Italie

Pizza Margherita / Pizza Bufalina

(pour 2 grandes pizzas individuelles)

pour la pâte à pizza

200 grammes de farine T45

100 grammes d’eau

5 grammes de levure fraîche

1 cuillère à café de sel

1 pincée de sucre

1 cuillère à soupe d’huile d’olive

pour la garniture

200 grammes de sauce tomate

1 boule de mozzarella fior di latte / de mozzarella di Bufala Campana

quelques feuilles de basilic

un peu d’huile d’olive

sel et poivre

  • Préparez un levain en mélangeant la levure avec 50 grammes d’eau tiède et 25 grammes de farine. Laissez fermenter pendant 30 minutes environ dans un endroit tiède jusqu’à ce que de petites bulles apparaissent à la surface.
  • Mélangez 175 grammes de farine avec le sel, le sucre et l’huile d’olive. Ajoutez le levain et, petit à petit, 50 grammes d’eau froide. Pétrissez le tout pendant 10 à 15 minutes jusqu’à obtention d’une belle pâte souple. Formez une boule, mettez-la dans un grand saladier et recouvrez celui-ci d’un linge humide que vous réhumidifierez si besoin le temps de la levée. Laissez pousser pendant 6 à 10 heures à température ambiante jusqu’à ce que la pâte ait doublé voire triplé de volume.

 

  • Préchauffez le four à 250°C. Formez 2 disques de pâte de 30 cm de diamètre environ. Étalez la sauce tomate sur la pâte en laissant un bord, salez, poivrez et recouvrez le tout d’un filet d’huile. Mettez au four pendant 5 minutes environ et n’ajoutez la mozzarella coupée en tranches qu’1 ou 2 minute(s) avant la fin de la cuisson. Ajoutez enfin les feuilles de basilic et servez.

Buon appetito!

Bon appétit!

Pizza « capricieuse » (Italie)

Une star sans frontières

La recette que je vais vous présenter aujourd’hui est très connue : la « Capricciosa » fait en effet partie des plus célèbres pizzas et c’est pour ma part celle que je commande le plus souvent en pizzeria (même si, je l’admets, je demande souvent quelques modifications, ce qui me semble être la moindre des choses pour une pizza dite « capricieuse »!).

Pizza capricieuse (Italie)

Si c’est après la Deuxième Guerre Mondiale que la pizza s’est exportée en dehors de la Botte, ses origines sont très anciennes, les premières traces écrites du mot « pizza » remontant à l’an 997. La pizza telle qu’on la connaît aujourd’hui serait originaire de Naples – même si d’autres villes revendiquent sa paternité – et la tradition italienne veut qu’on utilise une pâte très fine et légèrement croustillante pour faire des « pizze » dignes de ce nom.

J’ai utilisé pour ma capricciosa la recette de la pâte « du pizzaiolo » du blog Un Déjeuner de Soleil que je remercie mille fois. Je vous recommande vivement cette recette car le résultat est un vrai régal. Le temps de levée est très long, ce qui est normal puisque la pâte à pizza traditionnelle ne doit pas contenir trop de levure, mais ça n’est pas un problème puisqu’on ne nous demande pas non plus de passer toute la journée à côté de la pâte pendant qu’elle pousse (il faut certes réhumidifier le linge qui la recouvre mais je n’ai eu à le faire qu’une fois personnellement, ce qui me semble correct).

Italie

Pizza Capricciosa

(pour 2 grandes pizzas individuelles)

pour la pâte à pizza

200 grammes de farine T45

100 grammes d’eau

5 grammes de levure fraîche

1 cuillère à café de sel

1 pincée de sucre

1 cuillère à soupe d’huile d’olive

pour la garniture

200 grammes de sauce tomate

100 grammes de prosciutto cotto

100 grammes de champignons de Paris

75 grammes de cœurs d’artichaut marinés à l’huile d’olive

200 grammes de mozzarella

1 dizaine d’olives noires

un peu d’huile d’olive

sel et poivre

  • Préparez un levain en mélangeant la levure avec 50 grammes d’eau tiède et 25 grammes de farine. Laissez fermenter pendant 30 minutes environ dans un endroit tiède jusqu’à ce que de petites bulles apparaissent à la surface.
  • Mélangez 175 grammes de farine avec le sel, le sucre et l’huile d’olive. Ajoutez le levain et, petit à petit, 50 grammes d’eau froide. Pétrissez le tout pendant 10 à 15 minutes jusqu’à obtention d’une belle pâte souple. Formez une boule, mettez-la dans un grand saladier et recouvrez celui-ci d’un linge humide que vous réhumidifierez si besoin le temps de la levée. Laissez pousser pendant 6 à 10 heures à température ambiante jusqu’à ce que la pâte ait doublé voire triplé de volume.

 

  • Préchauffez le four à 250°C. Formez 2 disques de pâte de 30 cm de diamètre environ. Étalez la sauce tomate sur la pâte en laissant un bord, ajoutez les tranches de jambon éventuellement découpées en morceaux, les champignons finement émincés, les morceaux de cœur d’artichaut et les olives. Salez, poivrez et recouvrez le tout d’un filet d’huile. Mettez au four pendant 5 minutes environ et n’ajoutez la mozzarella coupée en tranches qu’1 ou 2 minute(s) avant la fin de la cuisson.

Buon appetito!

Bon appétit!

Velouté de chou-fleur parfumé à la noisette

Un velouté riche en goût à déguster froid ou chaud

Je vais vous présenter aujourd’hui une recette de velouté que vous pouvez déguster froid ou chaud selon les caprices de la météo.

J’ai décidé d’utiliser de l’huile de noisette car celle-ci se marie délicieusement bien avec le goût du chou-fleur. Les mesures indiquées donnent un résultat assez épais mais vous pouvez modifier la quantité d’eau pour obtenir la consistance que vous préférez.

Velouté de chou-fleur parfumé à la noisette

Velouté de chou-fleur parfumé à la noisette

(pour 4 personnes)

1 gros chou-fleur

20 cl de crème liquide

25 cl d’eau

2 cuillères à soupe d’huile de noisette

quelques croûtons (facultatif)

ciboulette

sel et poivre

  • Lavez le chou-fleur, détaillez-le en bouquets et faites cuire ces derniers à l’eau ou à la vapeur.
  • Égouttez le chou-fleur et mélangez-le à la crème, à l’eau et à l’huile de noisette. Mixez bien le tout, ajoutez la ciboulette finement ciselée et, si vous le souhaitez, quelques croûtons de pain. Salez, poivrez, mélangez bien le tout et laissez éventuellement reposer au réfrigérateur pendant 20 minutes.

Bon appétit!

Soupe froide Okrochka (Ukraine)

Le kéfir de lait : un ingrédient magique

Vous l’avez peut-être déjà croisé et boudé dans un magasin bio sans savoir ce dont il s’agissait? Quelle grave erreur!

Originaire du Caucase, cette boisson fermentée à base de lait est une spécialité connue pour ses nombreux effets bénéfiques sur la santé. Nombreux, que dis-je, disons plutôt innombrables, incommensurables, infinis! Ingrédient antibiotique qui renforcerait le système immunitaire, le kéfir est depuis longtemps utilisé dans les pays slaves pour lutter contre des maladies aussi diverses que variées allant en effet des simples allergies jusqu’au cancer en passant par les ulcères, l’asthme, l’hypertension, les problèmes de peau, les problèmes cardiaques et le cholestérol pour ne citer qu’eux. Il freinerait également l’apparition des cheveux gris et améliorerait la croissance des ongles, rien que ça je vous dis.

Le kéfir est régulièrement servi dans les hôpitaux slaves et il est aussi le meilleur allié des jeunes mamans, pour leur propre santé bien sûr mais aussi pour leurs petits qu’elles sèvrent à grandes lampées de ce breuvage magique.

Toujours pas convaincus? Et si je vous disais que les intolérants au lactose supportent généralement bien le kéfir qui a aussi l’avantage d’être très digeste? Non, toujours pas?

Soupe froide Okrochka

Une préparation simple, rapide et économique

Bon, j’me la pète comme ça mais en vrai je ne connaissais pas non plus jusqu’à il y a encore quelques jours et c’est totalement au pifomètre que j’ai acheté cet ingrédient qui m’intriguait tant au magasin bio, et ce sans savoir une seconde ce que je pourrais en faire. (Et puis d’ailleurs j’pensais que c’était turc, humpf!)

Quelques recherches sur Internet m’ont néanmoins permis de découvrir une spécialité ukrainienne faite à base de kéfir, « l’Okrochka« , une soupe froide très rafraîchissante qui est traditionnellement servie l’été et dont le nom est tiré du mot russe « crochit » qui signifie « émietter ». Il est possible d’utiliser d’autres boissons fermentées d’origine slave pour faire cette soupe, comme le « kvas » ou la « kombucha » par exemple, mais le kéfir a l’avantage d’être beaucoup plus facile à trouver par chez nous.

L’Okrochka se prépare avec des restes de viande et de légumes, ce qui en fait une recette très économique. Vous pouvez utiliser tout ce que vous souhaitez, du bœuf, de la volaille, de la charcuterie ou même encore du poisson, le principal étant d’accompagner tout cela de légumes au goût léger d’une part et de légumes plus parfumés d’une autre part. Et n’oubliez pas les herbes aromatiques pour relever tout ça!

Comme vous l’aurez compris, les variantes de l’Okrochka sont donc innombrables et c’est aussi ce qui fait tout l’intérêt de cette délicieuse préparation. D’ailleurs, même si ça n’est pas traditionnel, les végétariens pourront aussi l’adapter selon leurs envies (promis, on leur dira pas!).

Sans vouloir insister, je vous conseille vraiment d’essayer le kéfir : son goût est agréablement surprenant et son petit côté acidulé  un vrai régal, il rend le goût de cette soupe unique!

Ukraine

Soupe froide Okrochka

(pour 2 personnes)

500 grammes de kéfir

1 saucisse cuite

2 œufs durs

2 pommes de terre de taille moyenne

2 navets

4 carottes

4 radis

2 oignons

2 cuillères à soupe de jus de citron

persil

sel et poivre

  • Faites cuire les pommes de terre, les navets et les carottes à l’eau ou à la vapeur. Égouttez-les et coupez-les en petits morceaux.
  • Coupez la saucisse, les œufs durs et les radis en petits morceaux, émincez les oignons et mettez le tout dans un saladier. Ajoutez les morceaux de légumes, le jus de citron, le persil et le kéfir. Salez, poivrez, mélangez bien et laissez reposer au réfrigérateur pendant 20 minutes.

Smačnoho!

Bon appétit!

Pâtes fraîches à la mode magyare (Italie / Hongrie)

Une histoire de poivrons….

Quand je suis allée à Györ en Hongrie, mes hôtes m’ont dit que les Hongrois ne mangeaient « pas tant de poivrons que ça » et qu’il s’agissait juste d’un « cliché« , un peu comme pour les Français avec les escargots.

Pourtant, quand j’ai voulu prendre mon petit-déjeuner le lendemain, je me suis retrouvée face à un réfrigérateur rempli de tas et de tas de poivrons! Il y en avait de toutes les tailles et de toutes les couleurs, ce qui m’a beaucoup amusée, et j’ai beaucoup ri aussi quand j’ai vu que le sandwich que m’avait gentiment préparé Grego pour mon retour était rempli de morceaux de poivrons blancs (poivrons qui n’avaient d’inoffensif que la couleur car ils étaient assez corsés!). Un « cliché », vous dites?

 Pâtes à la mode magyare (Italie / Hongrie)

Un peu d’histoire!

Et oui, le poivron est bel et bien l’ingrédient phare de la cuisine hongroise. On le retrouve d’ailleurs dans le plat national, le goulash (ou « gulyás« ), et c’est en Hongrie qu’a été inventé le paprika :

C’est au début du XIXe siècle que les Hongrois décidèrent de réduire en poudre des poivrons, et ce suite au blocus continental qu’avait instauré Napoléon. Ne pouvant plus acheter les épices vendues jusqu’alors par les Anglais, le peuple magyar créa « le poivre du pauvre », à savoir le paprika qui est aujourd’hui encore un emblème national.

Italie-Hongrie 2

Paprikás tészta (pâtes au paprika)

(pour 2 à 3 personnes)

C’est dans une boutique de Sopron que j’ai découvert les pâtes au paprika. D’après les personnes que j’ai rencontrées là-bas, il ne s’agit pas d’une spécialité typique mais simplement d’une des innombrables variantes qu’inventent parfois les Hongrois (et surtout les commerçants) pour décliner le poivron et le paprika sous des formes toujours nouvelles.

Cet achat m’a en tout cas donné envie de créer mes propres pâtes au paprika dont je vais vous livrer la recette aujourd’hui. Comme normalement je n’ai pas droit aux épices, j’ai utilisé du paprika doux mais mieux vaut utiliser une version plus corsée si vous voulez rester dans l’esprit magyar. Et pour la même raison, je n’ai mis qu’une cuillère à soupe de paprika dans ma recette mais vous pouvez bien sûr en mettre plus selon vos préférences.

2 œufs

200 grammes de farine

1 à 2 cuillère(s) à soupe de paprika

  • Cassez les œufs dans un bol, ajoutez le paprika et mélangez à la fourchette.
  • Sur le plan de travail, faites un puits dans la farine et ajoutez-y le mélange œufs/paprika. Travaillez le tout jusqu’à obtention d’une pâte homogène (ça ne ressemble à rien au début mais ne vous inquiétez pas car petit à petit ça prend forme).
  • Mettez la pâte dans du film alimentaire et laissez-la reposer au moins une heure au réfrigérateur.

 

  • Étalez la pâte au rouleau de sorte à ce qu’elle fasse à peu près 1 centimètre d’épaisseur. Découpez plusieurs tronçons de pâte, gardez-en un et remettez les autres dans le film jusqu’à utilisation (c’est très important car la pâte sèche très vite).
  • Étalez le tronçon de pâte au laminoir (ou à la main pour les plus courageux!), farinez le tout puis découpez selon le type de pâtes choisi (faites attention à bien fariner la pâte avant de la découper pour que les pâtes ne collent pas entre elles!). Continuez ainsi avec les autres tronçons.
  • Faites sécher les pâtes une vingtaine de minutes en prenant garde à ce qu’elles ne se chevauchent pas les unes les autres (sinon elles vont coller). Des dossiers de chaise recouverts de torchons propres, un balai suspendu à l’horizontale ou des cintres font très bien l’affaire! (NB : Pour certaines pâtes longues comme les tagliatelles, il faut faire attention à ne pas laisser sécher le tout trop longtemps car les pâtes sèchent très vite et elles risqueraient donc de se casser quand on les met en nids à la fin.)

 

  • Pour la cuisson, il suffit de retenir cette règle on ne peut plus simple : 1*10*100. Pour 100 grammes de pâtes, on met 1 litre d’eau et 10 grammes de sel! Selon la tradition italienne, le sel ne s’ajoute que quand l’eau bout (c’est une question de chimie) et il faut que l’eau reste à gros bouillons tout le temps de la cuisson. Pour des pâtes fraîches, 2 à 3 minutes de cuisson suffisent généralement (les pâtes sont cuites quand elles remontent à la surface), mais plus elles auront séché et plus la cuisson sera longue.

 

Les pâtes fraîches se conservent 1 journée au réfrigérateur et 1 mois au congélateur. Vous pouvez accommoder ces pâtes au paprika comme vous le souhaitez : avec des poivrons pour rester dans l’esprit magyar (utilisez des poivrons verts pour faire un joli mélange de couleurs), mais aussi avec une sauce aux champignons, au fromage et bien sûr avec de la viande.

Jó étvágyat!

Bon appétit!